Par Peter Amsterdam
janvier 19, 2026
Peter Amsterdam
(Les arguments développés dans cet article sont extraits de La Doctrine de la Vie chrétienne par Jean M. Frame[1] et Ethique du Royaume par Glen H. Stassen et David P. Gushee.[2])
Le neuvième commandement stipule :
Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain (Exode 20.16. Voir aussi Deutéronome 5.20).
Ce commandement traite de l’honnêteté. Dans le contexte d'un procès, ce commandement souligne qu'une personne appelée à témoigner doit s'abstenir de tout mensonge. Toutefois, cela ne se limite pas à un témoignage dans un cadre juridique ; cela concerne aussi l’honnêteté dans notre vie de tous les jours. Ce concept se retrouve dans des versets comme :
Les lèvres menteuses sont en horreur à l’Eternel (Proverbes 12.22).
Le faux témoin ne restera pas impuni, et celui qui profère le mensonge périra (Proverbes 19.9).
C'est pourquoi, vous débarrassant du mensonge, dites chacun la vérité à votre prochain, car nous sommes membres les uns des autres (Ephésiens 4.25).
Cet article portera principalement sur deux aspects de l’honnêteté : les serments et promesses, et le mensonge.
Dans l’Ancien Testament nous lisons que de nombreux personnages ont prêté serment ou formulé des promesses solennelles. A l’époque, lorsqu’un vœu était formulé ou un serment prononcé, tout ce qui était convenu avait une valeur légale similaire à celle d’un contrat signé par deux parties de nos jours.
En voici quelques exemples :
A la même époque, Abimélek accompagné de Pikol, chef de son armée, vint trouver Abraham et lui dit : —Dieu fait réussir tout ce que tu entreprends. Maintenant donc, jure-moi ici par le nom de Dieu de ne trahir ni moi, ni mes enfants, ni ma descendance, mais d’agir envers moi et envers ce pays où tu séjournes avec la même bonté dont j’ai usé envers toi. Abraham répondit : —Oui, je le jure” (Genèse 21.22–24).
Esaü répondit : « Je vais mourir. A quoi me sert ce droit d'aînesse ? » Jacob dit : « Jure-le-moi d'abord. » Il le lui jura, il vendit son droit d'aînesse à Jacob (Genèse 25.32–33).
Puis [Jacob] fit le vœu suivant : —Si Dieu est avec moi, s’il me protège au cours du voyage que je suis en train de faire, s’il me fournit de quoi manger et me vêtir, et si je reviens sain et sauf chez mon père, alors l’Eternel sera mon Dieu. Cette pierre que j’ai dressée comme stèle deviendra un sanctuaire de Dieu et je t’offrirai le dixième de tous les biens que tu m’accorderas » (Genèse 28.20–22).
[Anne] fit le vœu suivant : « Eternel, maître de l’univers, si tu consens à regarder la détresse de ta servante, si tu te souviens de moi, si tu n'oublies pas ta servante et lui donnes un fils, je le consacrerai à l'Eternel pour toute la durée de sa vie et le rasoir ne passera pas sur sa tête » (1 Samuel 1.11. Voir aussi Genèse 50.5–6, Josué 6.26, 1 Samuel 14.24, Néhémie 13.2).
Dans l'Ancien Testament, Dieu est également représenté comme quelqu'un qui fait des vœux et des serments, comme en témoigne la promesse qu'Il a faite à Abraham.
« Je le jure par moi-même, parole de l’Eternel, puisque tu as fait cela, puisque tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique, je te comblerai de bénédictions, je multiplierai ta descendance et je la rendrai aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que les grains de sable au bord de la mer. Ta descendance dominera sur ses ennemis. Tous les peuples de la terre seront bénis à travers ta descendance parce que tu m’as obéi » (Genèse 22.16–18. Voir aussi Genèse 26.1–5).
S’engager par un vœu et prêter serment en invoquant le nom de Dieu signifie que ce que nous déclarons et acceptons est véridique, et que nous sommes prêts à subir le jugement divin si nous ne tenons pas notre promesse. Un serment est un acte solennel par lequel nous affirmons que notre promesse, notre parole, est sincère et que nous tiendrons les engagements que nous avons pris.
Si un homme fait un vœu à l’Eternel, ou s’il prend certains engagements par serment, il ne violera pas sa parole ; il agira conformément à ce qu’il a dit (Nombres 30.3).
Le Nouveau Testament contient maints exemples de vœux qui furent prononcés.
Paul resta à Corinthe le temps qui lui parut nécessaire, puis il prit congé des frères et s’embarqua pour la Syrie, emmenant avec lui Priscille et Aquilas. Avant de quitter le port de Cenchrées, Paul se fit raser la tête car il avait fait un vœu (Actes 18.18).
Les écrits de Paul contiennent également des passages dans lesquels il prend Dieu à témoin pour jurer que ses paroles sont véridiques.
Pourquoi donc ne suis-je pas encore revenu à Corinthe ? J’en prends Dieu à témoin sur ma vie : c’est parce que je voulais vous ménager (2 Corinthiens 1.23).
En vous écrivant cela, je l’affirme devant Dieu, je ne mens pas (Galates 1.20).
Oui, Dieu m’en est témoin : je vous aime tous de l’affection que vous porte Jésus-Christ (Philippiens 1.8).
En tant que chrétiens, notre foi et notre exemple consistent en partie à être honnêtes et dignes de confiance. Lorsque nous faisons une promesse ou prêtons un serment, nous avons donné notre parole et nous devons faire tout notre possible pour accomplir ce que nous avons convenu de faire. Parce que nous tenons à être honnêtes et à respecter nos engagements en réalisant ce que nous avons promis, Il est important d'examiner avec soin et en prière les promesses que nous faisons ou les engagements que nous prenons. Lorsque nous faisons des promesses ou prononçons des serments, nous le faisons devant Dieu et, ayant engagé notre parole devant Lui, nous sommes tenus de les honorer. Il est important de ne prononcer des vœux ou des serments qu'après avoir murement réfléchi et prié.
Le mensonge
Le neuvième commandement—Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain—englobe le péché de mensonge. La vérité est une représentation fidèle et exacte des faits, tandis que le mensonge déforme intentionnellement les faits. La Bible nous dit que Jésus est l’incarnation de la vérité comme l’affirme Jean 14.6 :
Jésus lui dit : « C’est moi qui suis le chemin, la vérité et la vie. On ne vient au Père qu’en passant par moi. »
Cette affirmation est répétée dans les Épîtres, dans lesquelles on peut lire que la vérité est en Jésus (Éphésiens 4.21). On nous dit aussi que le Saint-Esprit est l’Esprit de vérité (Jean 14:17. Voir aussi Jean 15.26, 16.13).
A l’opposé, la Bible affirme que Satan est à l’origine des tromperies et des mensonges. Jésus a taxé Satan de « menteur et père du mensonge » (Jean 8.44). Il proféra le premier mensonge dans le jardin d'Éden en insinuant que Dieu mentait.
La femme répondit au Serpent : « Nous mangeons des fruits des arbres du jardin, excepté du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin. Dieu a dit de ne pas en manger et de ne pas y toucher sinon nous mourrons. Alors le Serpent dit à la femme : —Mais pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Seulement Dieu sait bien que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu, choisissant vous-mêmes entre le bien et le mal » (Genèse 3.2–5).
L’Ecriture affirme sans équivoque que Dieu est farouchement opposé à toute forme de malhonnêteté.
Le SEIGNEUR déteste les menteurs (Proverbes 12.22).
Au chapitre 6 du livre des Proverbes, nous lisons qu’Il y a six choses que l'Eternel déteste, et même sept dont il a horreur. L’une d’elles est la langue qui répand des mensonges (Proverbes 6.16–17). Nous lisons aussi que Le faux témoin ne restera pas impuni, et celui qui profère le mensonge périra (Proverbes 19.9). Le témoin mensonger périra(Proverbes 21.28).
La sincérité revêt une grande importance, étant donné que l'honnêteté fait partie intégrante du caractère et de la nature de Dieu ; Il est donc essentiel que nous soyons honnêtes, puisque Dieu l'est. L’apôtre Paul appelle Dieu le Dieu qui ne ment pas (Tite 1.2). Jésus et le Saint-Esprit sont tous deux appelés la vérité.
Jésus lui répond : « Le chemin, la vérité, la vie, c’est moi » (Jean 14.6).
Quand l’Esprit de vérité sera venu, il vous conduira dans la vérité tout entière (Jean 16.13).
Et c’est l’Esprit qui lui rend témoignage, car l’Esprit est la vérité (1 Jean 5.6).
La Parole de Dieu est également appelée la vérité.
Consacre-les par la vérité. Ta Parole est la vérité (Jean 17.17).
Ta justice est une justice éternelle, et ta loi est la vérité (Psaumes 119.142).
En tant que croyants, nous sommes appelés à imiter Dieu ; parce qu’Il est la vérité, nous devons être véridiques.
Y a-t-il des circonstances où mentir est moralement défendable ? La réponse la plus simple est non ; il ne faut jamais mentir, et c'est généralement vrai. Toutefois, il existe des situations très rares où il serait moralement justifiable de ne pas dire la vérité. La Bible rapporte des exemples d'individus ayant menti pour sauver des vies. Le chapitre 1 de l'Exode rapporte que le roi d'Égypte ordonna aux sage-femmes hébraïques de tuer les nouveau-nés masculins hébreux. Elles désobéirent et lorsque le roi les interrogea, elles mentirent en disant : « Les sages-femmes répondirent au pharaon : « C'est que les femmes des Hébreux ne sont pas comme les Egyptiennes. Elles sont vigoureuses et accouchent avant l'arrivée de la sage-femme. Dieu fit du bien aux sages-femmes »(Exode 1.19–20). Un autre exemple tiré de l'Ancien Testament où quelqu'un mentit pour sauver des vies est celui de Rahab qui trompa les soldats de Jéricho pour protéger les espions israélites (Josué 2.1–24).
Un exemple qui n’est pas tiré de la Bible est celui de Corrie ten Boom, dont la famille cachait des Juifs dans leur maison pendant l'occupation de la Hollande durant la Seconde Guerre mondiale. Lorsque la Gestapo l’interrogea pour savoir s'il y avait des Juifs cachés dans la maison, elle mentit aux policiers allemands afin de sauver des vies. Dans ce cas précis, il était plus important de sauver des vies que de dire la vérité, surtout si le fait de dire la vérité aurait très certainement entraîné la mort de personnes innocentes.
Même si des cas exceptionnels peuvent se présenter où il serait moralement permis de mentir, la plupart du temps dire la vérité est moralement correct et reflète la nature et le caractère de Dieu.
Nous nous recommandons nous-mêmes à tout point de vue comme serviteurs de Dieu …par la Parole de vérité, par la puissance de Dieu (2 Corinthiens 6.4–7).
[1] John Frame, The Doctrine of the Christian Life [La doctrine de la vie chrétienne] (Phillipsburg: P&R Publishing), 2008
[2] Glen H. Stassen and David P. Gushee, Kingdom Ethics [Ethique du royaume] (Downers Grove: InterVarsity Press), 2003.
Copyright © 2026 The Family International. Politique de confidentialité Politique des cookies