Les histoires racontées par Jésus : les enfants sur la place du marché, Luc 7.31–35

juillet 25, 2018

par Peter Amsterdam

 [The Stories Jesus Told: Children in the Marketplace]

La parabole des enfants sur la place du marché est l’une des moins connues. Plus tôt, dans le chapitre sept de l’évangile de Luc, on nous dit que Jean-Baptiste avait envoyé certains de ses disciples voir Jésus avec pour instruction de Lui demander :

« Es-tu celui qui devait venir, ou bien devons-nous en attendre un autre ? »[1]

En leur présence, Jésus guérit des aveugles, des estropiés, des lépreux et des sourds, et Il ressuscita des morts. Puis, Il leur demanda de retourner voir Jean pour lui raconter les miracles dont ils avaient été témoins.[2]

Une fois que les disciples de Jean furent partis, Jésus dit à ceux qui étaient avec Lui :

Qu’êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau agité çà et là par le vent ?... Un prophète ? Oui, je vous l’assure, et même bien plus qu’un prophète. Car c’est celui dont il est écrit : J’enverrai mon messager devant toi, il te préparera le chemin. Je vous l’assure, parmi tous les hommes qui sont nés d’une femme, il n’y en a pas de plus grand que Jean. …Tous les gens du peuple et tous les collecteurs d’impôts qui ont écouté le message de Jean et se sont fait baptiser par lui ont reconnu que Dieu est juste.[3]

Les gens qui avaient été baptisés par Jean étaient inspirés par ce que Jésus disait. Par contre, on nous dit que les pharisiens et les enseignants de la loi ne croyaient pas à son message ; ils ont refusé de se faire baptiser par [Jean], ont rejeté la volonté de Dieu à leur égard.[4] C’est dans ce contexte précis que Jésus leur raconta l’histoire des enfants sur la place du marché.

A qui donc pourrais-je comparer les gens de notre temps ? A qui ressemblent-ils ? Ils sont comme des enfants assis sur la place du marché qui se crient les uns aux autres : Quand nous avons joué de la flûte, vous n’avez pas dansé ! Et quand nous avons chanté des airs de deuil, vous ne vous êtes pas mis à pleurer ! En effet, Jean-Baptiste est venu, il ne mangeait pas de pain, il ne buvait pas de vin. Qu’avez-vous dit alors ? « Il a un démon en lui ». Le Fils de l’homme est venu, il mange et boit, et vous vous écriez : « Cet homme ne pense qu’à faire bonne chère et à boire du vin, il est l’ami des collecteurs d’impôts et des pécheurs notoires. »[5]

Plusieurs fois dans l’Évangile de Luc Jésus a parlé en termes très négatifs de la génération qui vivait à son époque :

Quelle génération incrédule et pervertie vous êtes ! Combien de temps faut-il que je reste avec vous ? Combien de temps est-ce que je devrai encore vous supporter ? [6]

Les gens de notre temps sont mauvais.[7]

Les gens de notre temps auront à répondre du meurtre de tous les prophètes qui ont été tués depuis le commencement du monde… Oui, je vous l’assure, les hommes de notre temps auront à répondre de tous ces crimes.[8]

Quand le Fils de l’homme reviendra, il sera comme l’éclair qui jaillit d’un point du ciel et illumine tout l’horizon d’un bout à l’autre. Mais il faut d’abord qu’il endure beaucoup de souffrances et qu’il soit rejeté par les hommes de cette génération.[9]

Jésus décrivit la réaction des Pharisiens à Jean et à Lui-même en prenant l’illustration d’un groupe d’enfants, dont certains participaient à des activités ensemble, et d’autres refusaient d’y participer. Jésus voulait dire que les disciples de Jean-Baptiste, ainsi que ses disciples, étaient ceux qui participaient à ces activités. Il soulignait également la différence entre son approche et celle de Jean, différence qui se reflétait dans les actes de leurs disciples respectifs.

Jean vécut une vie d’ascète parce qu’il comprenait que la venue du royaume de Dieu exigeait le jeûne et le sacrifice de soi. Le livre de Matthieu nous donne une idée de son mode de vie :

Jean portait un vêtement de poil de chameau maintenu autour de la taille par une ceinture de cuir. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.[10]

Luc décrit le mode de vie austère de Jean en précisant qu’il ne mangeait pas de pain et ne buvait pas de vin. Le fait que Jean ne boive pas de vin avait été prédit par un ange avant même sa conception :

Il sera un grand homme, précieux aux yeux de Dieu. Il ne boira ni vin ni boisson alcoolisée. Dès avant sa naissance, il sera rempli de l’Esprit saint.[11]

A l’inverse, Jésus décrivait l’avènement du royaume de Dieu comme un temps de réjouissances et de festivités, ce qu’Il exprima en le comparant à un banquet de noces.[12] Il mangeait, buvait, et se mêlait aux pécheurs. Jean et Jésus avaient des modes de vie très différents, mais ils partageaient un message commun.

Jean, qui avait un mode de vie ascétique, fut accusé d’avoir un démon. Plus tard en Luc, Jésus fut accusé de la même chose :

Quelques-uns disaient : « C’est par le pouvoir de Béelzébul, le chef des démons, qu’il chasse les démons. »[13]

Dans l’évangile de Jean, Jésus est accusé à plusieurs reprises d’avoir un démon.

« Tu as un démon en toi ! lui cria la foule. »[14]

Les Juifs lui répondirent : « N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain et que tu as un démon ? »[15]

Beaucoup disaient : « Il a un démon en lui, c’est un fou. Pourquoi l’écoutez-vous ? »[16]

Il est clair qu’il y avait des gens qui n’avaient pas une très haute opinion de Jésus et de Jean.

Quand Jésus rappela les reproches qu’on Lui avait fait parce qu’il ne vivait pas une vie austère comme Jean, Il précisa qu’on L’avait accusé d’être un glouton et un ivrogne ; pour faire bonne mesure, on Lui avait reproché d’être l’ami des collecteurs d’impôts et des pécheurs. Un peu plus tôt dans son évangile, Luc racontait comment les pharisiens et les spécialistes de la Loi avaient exprimé leur indignation parce que Jésus mangeait avec des collecteurs d’impôts et des pécheurs.

Les pharisiens et les spécialistes de la Loi qui appartenaient à leur parti s’indignaient et interpellèrent les disciples de Jésus : « Comment pouvez-vous manger et boire avec ces collecteurs d’impôts, ces pécheurs notoires ? » Jésus leur répondit : « Ceux qui sont en bonne santé n’ont pas besoin de médecin, ce sont les malades qui en ont besoin. Ce ne sont pas des justes, mais des pécheurs que je suis venu appeler à changer de vie. »[17]

Jésus mangeait et buvait avec les gens qui avaient besoin de guérison spirituelle et de se repentir. Il est clair que les priorités des pharisiens étaient mauvaises.

Dans sa parabole, Jésus s’en prend à ceux qui Le rejettent et qui rejettent Jean-Baptiste. Peu importe ce que faisaient les enfants sur la place du marché, certains des autres enfants refusaient de participer. S’ils jouaient un air joyeux à la flûte et dansaient, certains enfants ne voulaient pas se joindre pas à eux. S’ils jouaient un air funèbre, ou une chanson triste, certains enfants ne pleuraient pas. Jésus voulait montrer qu’il y aura toujours des gens qui rejetteront le message, quelle que soit la façon dont on le présente. Ils avaient rejeté Jean parce que c’était un ascète. Jésus n'était pas un ascète, et il ne prêchait pas le sacrifice de soi de la même manière que Jean, et pourtant ce sont les mêmes personnes qui Le rejetèrent. Si leurs critiques avaient été fondées, alors ceux qui avaient rejeté Jean auraient dû être enclins à suivre Jésus ; et inversement, s’ils rejetaient Jésus, ils auraient dû suivre Jean. Mais les pharisiens et les autres spécialistes de la loi juive ne firent ni l’un ni l’autre.

Jésus termina son explication en disant : « la sagesse a été reconnue juste par tous ses enfants. »[18] « Les enfants de la Sagesse » étaient les gens qui réagissaient à Jean et à Jésus, ceux qui acceptaient leur message, par opposition à l’élite religieuse de l’époque qui rejetait les deux. Ceux qui rejetaient le message, que ce soit celui qu’ils entendaient de la bouche de Jean ou celui de Jésus, étaient comme des enfants gâtés qui refusaient de jouer avec les autres, quels que soient les jeux auxquels ils jouaient. Ils voulaient que les autres enfants jouent en suivant leurs règles à eux.

La question qui interpelle le lecteur est : Que pensez-vous de Jésus et de Jean ? Serez-vous un des enfants de la sagesse ? Ou bien, serez-vous comme ceux qui ont rejeté le message de Jésus et de Jean et qui voulaient que Dieu joue d’après leurs règles ?


Les enfants sur la place du marché, Luc 7.31–35

31 A qui donc pourrais-je comparer les gens de notre temps ? A qui ressemblent-ils ?

32 Ils sont comme des enfants assis sur la place du marché qui se crient les uns aux autres : Quand nous avons joué de la flûte, vous n’avez pas dansé ! Et quand nous avons chanté des airs de deuil, vous ne vous êtes pas mis à pleurer !

33 En effet, Jean-Baptiste est venu, il ne mangeait pas de pain, il ne buvait pas de vin. Qu’avez-vous dit alors ? « Il a un démon en lui ».

34 Le Fils de l’homme est venu, il mange et boit, et vous vous écriez : « Cet homme ne pense qu’à faire bonne chère et à boire du vin, il est l’ami des collecteurs d’impôts et des pécheurs notoires. »[19]

35 Mais la sagesse a été reconnue juste par tous ses enfants. »[20]


NB:

Sauf indication contraire, les passages bibliques cités sont extraits de la Sainte Bible, version du Semeur, copyright ©2000 par la Société Biblique Internationale. Tous droits réservés. Avec permission.

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[1] Luc 7.19.

[2] Luc 7.21–22.

[3] Luc 7.24–29.

[4] Luc 7.29–30.

[5] Luc 7.31–34.

[6] Luc 9.41 PVV.

[7] Luc 11.29.

[8] Luc 11.50–51.

[9] Luc 17.24–25 PVV.

[10] Matthieu 3.4.

[11] Luc 1.15 PVV.

[12] Luc 5.33–34.

[13] Luc 11.15.

[14] Jean 7.20.

[15] Jean 8.48.

[16] Jean 10.20.

[17] Luc 5.30–32.

[18] Luc 7.35 SEG21.

[19] Luc 7.31-34.

 

[20] Luc 7.35 SEG21.